Gilets jaunes : retour sur un mouvement d’ampleur historique en France

En novembre 2018, les appels à manifester contre notamment la hausse « brutale » des prix des carburants s’étaient multipliés sur les réseaux sociaux. Une flambée des tarifs que le gouvernement expliquait par « la hausse des cours du pétrole » mais aussi et surtout pour « lutter contre le réchauffement climatique ». En cause, la pollution de l’air par les véhicules à moteur diesel et essence ayant également un impact sur la santé.

Mais ces explications ne passaient pas. De nombreuses pages Facebook, près de 400, avaient vu le jour en seulement quelques semaines afin de protester et rassembler un maximum de personnes pour mener des actions avec leur gilet, symbole de la contestation.

Rassemblement de gilets jaunes novembre 2018

Un mouvement nommé « gilets jaunes » en référence aux gilets fluorescents portés par les automobilistes en cas d’accident, qui a commencé par se traduire par des blocages de routes et d’autoroutes à travers toute la France.

Une carte disponible sur un site internet  proposait un aperçu des mobilisations à venir. Établie par des participants, elle était présentée comme la « carte officielle » du mouvement qui a été reprise par plusieurs médias. Le 10 novembre 2018, elle recensait plus 750 actions dans tout le pays.

Cette carte mettait également en lumière de nombreux groupes d’usagers rassemblant plusieurs milliers de personnes. Ainsi, le groupe « Les Automobilistes de toute la Normandie en colère », créé sur Facebook totalisait plus de 26 000 membres en moins de 3 semaines. Des réseaux préexistants, comme les professionnels de la route (routiers, ambulanciers…) ou les motards, ont pu servir de tremplin à ces fortes mobilisations.

Des automobilistes très remontés contre la hausse des carburants au début du mouvement et qui se rassemblaient afin d’organiser des actions d’ampleurs : blocage des routes, autoroutes, périphériques, et péages, opérations escargots ou même recouvrir le plus de radars possible afin de faire baisser les rentrées d’argent dans les caisses de l’Etat.

Témoignage d’Antoine D. ouvrier et automobiliste en colère qui a participé à de nombreux rassemblements depuis le début du mouvement en novembre 2018 :

« J’en avait ras le bol ! Le gouvernement de M. Macron ne cessait de matraquer les français les plus modestes. Après les étudiants et les retraités, c’était au tour des automobilistes qui avaient besoin de leur voiture pour aller travailler. Moi, dont le salaire tourne autour de 1800€ par mois, voir son plein d’essence augmenter de près de 20% en moins d’un an c’était très dure.

Un ministre qui ne paye pas ses déplacements ou un milliardaire comme M. Bernard Arnaud qui voit son litre d’essence passer à 2 voire même à 10€ ça ne le dérange certainement pas ! Moi, si !

Ce que je ne comprend pas surtout c’est que la France ne fait pas partie des pays les plus pollueurs au monde. Ce sont plutôt les Etats-Unis et la Chine qui polluent le plus, beaucoup plus, et pourtant leur litre d’essence font partie des moins chers au monde !

Ce n’était donc et ce n’est toujours pas à la France seule, de régler le problème du réchauffement climatique en nous taxant nous les plus modestes ! D’autres solutions existent : taxer le capital, le kérosène, les profits de Total etc. » 

De son côté le président de la République Emmanuel Macron tentait à plusieurs reprises de dégonfler voire même décrédibiliser le mouvement. En novembre 2018, voici ce qu’il déclarait :

« On trouve derrière [les gilets jaunes] un peu tout et n’importe quoi (…) Et des gens qui n’ont pas beaucoup de projet pour le pays, si ce n’est de le mettre à l’arrêt».

Emmanuelle Wargon à l’époque secrétaire d’Etat à la transition écologique renchérissait en postant des vidéos « contre-arguments » sur sa page Facebook afin de répondre à la grogne et aux interrogations.

L’opposition politique, elle, soutenait et soutient toujours largement le mouvement qui s’est aujourd’hui amoindri, affaibli depuis la crise du covid.

Mais les gilets jaunes restera dans les mémoires un mouvement d’une intensité historique. Depuis mai 68, jamais la France n’avait connu autant de manifestations en série et revendications populaires de longue durée.

Les Répliques 

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